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ATTENTION, NOTRE ADRESSE MAIL A CHANGE Vous pouvez désormais nous joindre à : neurokidslab@cea.fr
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Chères familles, chers collaborateurs.
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Vous pourrez lire nos dernières découvertes scientifiques sur le cerveau des bébés et des enfants ainsi que nos études en cours ou à venir ! Nous tenons avant tout à remercier chaleureusement tous nos petits chercheurs en herbe et leurs parents que nous avons vu ces derniers mois à Neurospin !
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Nous vous souhaitons un très bel été !
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Voici quelques résultats de nos études récentes
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🧠 Dès 3 mois, les bébés perçoivent les tons musicaux avec une finesse insoupçonnée
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Notre étude a montré que le cerveau des nourrissons traite la hauteur des sons musicaux selon deux dimensions distinctes : l’une linéaire hauteur absolue (grave/aigu) et l’autre cyclique chroma (do, ré..) (Fig 1B). La chroma correspond à la perception que deux notes séparées d’une octave sont similaires. Ce phénomène est appelé « équivalence d'octave ». C’est cette capacité qui nous permet de chanter ensemble malgré des hauteurs de voix différentes, notamment entre hommes et femmes ou de percevoir l’unité mélodique à travers les différents instruments d’une pièce orchestrale. Cette capacité n’existe pas chez les animaux dont la perception auditive se base uniquement sur la hauteur absolue des sons.
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Concernant le chroma, une controverse reste ouverte depuis plus de deux siècles. Selon certains psychologues, le chroma correspond à un attribut perceptif de base du son qui dérive de contraintes biologiques. Selon d'autres, nous apprendrions à reconnaître les mêmes notes d'une octave à l'autre grâce à l'éducation musicale. En d'autres termes, la chroma serait une construction d'ordre supérieur de notre esprit, quelque chose qui nécessite de l'attention et de l'apprentissage pour être traité.
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Pour résoudre ce débat, nous avons exposé des bébés de 3 mois à des séquences de sons orchestraux répétitifs (violon ou violoncelle) couvrant quatre hauteurs et deux chromas (marqués dans la Figure 1A). Alors que les bébés étaient pour la plupart endormis, nous avons recueilli leurs réponses neurales à l'aide d'un électroencéphalogramme (EEG) à haute densité.
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Figure 1 [A] De gauche à droite, la fréquence (en Hz) augmente linéairement tandis que les notes se répètent de manière cyclique. [B] Le modèle en hélice de la perception de la hauteur : la distance spatiale entre les notes illustre leur similarité perçue.
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Grâce à l’électroencéphalographie (EEG) haute densité, et en utilisant des méthodes de décodage du signal EEG, nous avons montré que ces deux dimensions sont automatiquement encodées dans le cerveau des bébés, mais à des temps différents (cf Fig 2) — un traitement rapide et transitoire pour la hauteur (cluster vert), plus tardif et prolongé pour la chroma (cluster violet).
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Figure 2 traitement de la hauteur (en vert) et du chroma (en violet)
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Ces résultats suggèrent que le sens musical humain repose sur des bases biologiques précoces, bien avant l’influence de l’éducation ou de la culture. Il est possible aussi que cette capacité soit très utile pour l’apprentissage du langage en permettant aux jeunes enfants de facilement reproduire la parole des adultes malgré la différence de hauteur de voix.
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Gennari, G., & Dehaene‐Lambertz, G. (2025). The Neural Reality of Pitch Chroma in Early Infancy. Developmental Science, 28(4), e70037.
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Chez les enfants
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Les filles et les maths : on sait enfin où se trouve la baisse de confiance
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Une vaste étude publiée le 11 juin 2025 dans Nature, menée sur près de 3 millions d’enfants scolarisés en France entre 2018 et 2022 et coordonnée par Stanislas Dehaene, Ghislaine Dehaene-Lambertz et par Pauline Martinot, révèle que filles et garçons présentent des performances équivalentes en mathématiques à l’entrée au CP, mais qu’un écart significatif en faveur des garçons se creuse très rapidement dès les premiers mois de l’école élémentaire (Fig 1b), et ce, dans tous les départements, milieux sociaux et types d’écoles, avec un phénomène particulièrement marqué chez les filles issues de familles favorisées.
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Figure 1b : on voit qu'il n'y a quasiment aucune différence entre garçons et filles à l'entrée à l'école, puis en seulement quelques semaines, les écarts poussent en faveur des garçons (T2 puis T3) quelque soit le niveau socio économique des enfants. On note qu'à T1, il y a un léger avantage pour les garçons dans les milieux socio économiques élevés (tout à gauche du graph).
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Cette rapidité d’apparition suggère que l’écart n’est pas le résultat d’une lente imprégnation des stéréotypes de genre, mais bien du passage à un enseignement formel des mathématiques à l’école, identifié ici comme un point de bascule crucial dans la construction des inégalités. L’étude souligne que ce n’est ni l’âge de l’enfant (qui aurait même un effet légèrement protecteur), ni les compétences en langage - domaine dans lequel les filles restent en avance - qui expliquent cet écart, mais spécifiquement l’entrée dans le milieu scolaire structuré. Même pour des filles et garçons présentant exactement les mêmes performances, y compris en langage, à l’entrée au CP, les différences en mathématiques apparaissent après seulement 4 mois d’école.
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L’analyse des cohortes touchées par la fermeture des écoles pendant le Covid-19 montre d’ailleurs que la réduction du temps passé à l’école a temporairement diminué ces écarts,(Fig 2a) ce qui renforce l’idée que l’environnement scolaire joue un rôle déterminant dans l’émergence des inégalités en mathématiques.
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À l’inverse, les compétences en langage présentent des écarts durables mais constants selon le contexte familial et pourraient être d’origine en partie biologique (Fig 2b), ce qui met encore plus en lumière la spécificité de la problématique filles-garçons en mathématiques et la responsabilité collective à agir dès le début de la scolarité pour prévenir l’installation de ces inégalités.
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Figure 2a : on voit les écarts en faveur des garçons (au-dessus de la ligne 0) en maths, au cours du temps (T1, T2, T3) et selon les 4 années scolaires de 2018 à 2022. On note un rétrécissement des écarts entre les filles et les garçons pendant l'année Covid (2019-2020) entre T2 et T3,
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lorsque les filles sont restées plus longtemps à domicile
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et ont fait l'école à la maison 2,5 mois de plus que les autres années.
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Figure 2b : on voit l'avantage des filles en langage (sous la courbe zéro). Autres dynamiques, très différente des maths ! pas d'effet de l'année covid sur les devoirs à la maison.
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Quel impact sur la société ?
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“Les filles ne sont pas nulles en maths!”
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Grâce à cette étude on sait, de manière précise, 1) qui les écarts filles-garçons en maths touchent en priorité 2) où ces écarts apparaissent 3) quand ils arrivent 4) dans quel contexte ils apparaissent 5) dans quel contexte ils s’aggravent Ce n’est pas une accumulation lente des stéréotypes de genre Ce n’est pas parce que les filles fortes en langage privilégient le français et délaissent les maths
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Alors que faire ?
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De solutions ont fait leurs preuves au niveau international, en voici plusieurs :
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Pour les #parents : 1 - Valoriser la curiosité et la résolution de problèmes, quel que soit le sexe de l’enfant 2 - Éviter les phrases types comme « Les filles sont moins logiques » ou « Les garçons sont meilleurs en maths » Casser cette fausse idée que les filles seraient moins bonnes en maths que les garçons. 3 - Jouer à des jeux de logique et de mathématiques autant avec les filles qu’avec les garçons 4 - Mettre en avant et valoriser des rôles modèles de femmes en maths 5 - Donner des clefs aux petites filles pour diminuer cette anxiété envers les mathématiques et les sciences réputées les plus dures
Pour les #enseignants et les #adultes accompagnant les enfants : 1 - Distribuer équitablement la parole, les encouragements et les exercices en maths et en sciences 2 - Utiliser les mêmes encouragements. Il faut valoriser l’effort et le travail chez les élèves des deux sexes, moins les résultats. 3 - Proposer aux élèves des modèles féminins et réalistes (auxquels ils peuvent s’identifier) de succès en sciences et en maths 4 - S’appuyer sur des ressources pédagogiques valorisant autant les filles que les garçons 5 - Apporter de l’aide pour prévenir et diminuer l’anxiété des femmes institutrices envers les mathématiques et les sciences
Pour les #enfants eux-mêmes 1 - Casser la fausse idée que les filles seraient moins bonnes en maths que les garçons. 2 - Leur répéter que l’intelligence se construit et s’entraîne 3 - Leur donner confiance : « Tu peux y arriver, tu es capable » 4 - Leur expliquer que “faire des erreurs” est normal au cours de l’apprentissage, les erreurs ne sont donc pas le signe d’une incompétence
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Martinot, P., Colnet, B., Breda, T., Sultan, J., Touitou, L., Huguet, P., ... & Dehaene, S. (2025). Rapid emergence of a maths gender gap in first grade. Nature, 1-10.
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Quelle est la richesse du répertoire des motifs géométriques chez les enfants, et comment peut-on l'explorer?
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Dans cette étude, nous avons examiné les intuitions proto-mathématiques précoces en demandant à des enfants de maternelle (N = 39, 25 filles) et de CP (N = 42, 20 filles) de prolonger divers motifs mathématiques par le dessin (figure 1). Ces motifs comprenaient notamment des fonctions linéaires et non linéaires (quadratiques, exponentielles), ainsi que des graphes de fonctions périodiques composites.
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Figure 1. Tâche de prolongement de dessin : les enfants devaient d’abord retracer le motif déjà imprimé sur la première moitié de la feuille, avant de le continuer librement sur la deuxième moitié.
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Les dessins des enfants ont révélé une compréhension précoce, bien que partielle, de propriétés mathématiques clés telles que la linéarité, la courbure et la périodicité. Par exemple, dans leurs prolongements, les enfants distinguaient les fonctions linéaires des fonctions quadratiques ou exponentielles (figure 2). De plus, les deux groupes ont montré des capacités de compositionnalité, en différenciant notamment des fonctions sinusoïdales à amplitude croissante, décroissante ou constante.
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Figure 2. Prolongations de fonctions linéaires et non linéaires. Chaque image présente tous les dessins individuels des enfants superposés les uns aux autres, séparément pour les deux groupes d'âge.
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Ces compétences ont été confirmées dans une seconde tâche, au cours de laquelle les enfants devaient choisir le bon prolongement parmi six options présentées, ce qui permettait d’écarter les biais moteurs potentiels de la première tâche.
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Ces résultats mettent en lumière les intuitions émergentes des enfants sur des concepts proto-mathématiques et soulignent le potentiel du dessin comme outil concret et puissant pour évaluer les raisonnements mathématiques précoces.
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L’article en preprint est accessible ici.
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Quelques projets en cours...
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Chez les bébés
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PHON-CVVC Etude de la perception des sons chez les bébés de 3 mois
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Nous menons une étude sur la perception des sons chez les bébés de 3 mois. L'étude se déroule à Neurospin et la durée de présence dans notre laboratoire sera de 1h30 à 2h.
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Comment se déroule cette étude?
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Nous enregistrons l’activité naturelle du cerveau de votre bébé à l'aide de l’électroencéphalogramme (ou EEG). Pour ce faire, nous plaçons sur sa tête, une sorte de filet très léger et constitué de multiples capteurs à l'intérieur de petites éponges humidifiées.
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Nous faisons écouter des petits sons aux bébés pendant qu’ils font tranquillement leur sieste.
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BBTAG Etude de la catégorisation visuelle chez les bébés de 4 mois
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Nous menons une étude sur la catégorisation visuelle chez les bébés de 4 mois. L'étude se déroule à Neurospin et la durée de présence dans notre laboratoire sera d'une petite heure.
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Comment se déroule cette étude?
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Nous enregistrons l’activité naturelle du cerveau de votre bébé à l'aide de l’électroencéphalogramme (ou EEG). Pour ce faire, nous plaçons sur sa tête, une sorte de filet très léger et constitué de multiples capteurs à l'intérieur de petites éponges humidifiées. Nous utilisons également un occulomètre (des petites lunettes spécialement conçues et adaptées pour les bébés) pour suivre leur temps de regard.
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Ensuite, nous lui montrons différentes images pour étudier la perception visuelle.
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Chez les adultes : Les parents aussi peuvent participer ;-)
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Notre laboratoire mène actuellement une étude sur l’impact de l’éducation sur les réseaux cérébraux liés aux mathématiques.
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Pour cela, que vous ayez arrêté votre scolarité très tôt (fin du collège) ou que vous soyez devenu un mathématicien passionné, vous êtes les bienvenus pour participer à une aventure scientifique !
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Comment se déroule cette étude?
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L’étude consiste en plusieurs visites (5 maximum) incluant:
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- une IRM 7T
- Des tests comportementaux
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Les petits plus à découvrir...
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Café Neurosciences du 27/09/2025
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Cet évènement aura lieu :
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LE SAMEDI 27/09 de 9h à 12h
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L’équipe du NeuroKidsLab et l’équipe INDEV vous présenteront les résultats de leurs derniers travaux et découvertes sur le cerveau du bébé et les projets à venir.
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Podcasts à écouter sur la plage
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Les adultes de demain : "Le cerveau des enfants, l'affaire de tous" par Ghislaine Dehaene-Lambertz
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Ghislaine est maintenant aussi directrice de l'Institut Robert-Debré du cerveau de l'enfant, avec toute une équipe réunie autour de l’enfant, du développement cognitif et ses vulnérabilités.
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Par son engagement, elle milite pour une diffusion transversale et accessible des découvertes scientifiques auprès des familles, des enseignants et du grand public. Dans cet épisode, nous plongeons au cœur des découvertes sur le cerveau de l’enfant et des défis de la recherche et de l’éducation en France. Ghislaine va nous présenter comment comprendre le cerveau dès la naissance est essentiel pour comprendre notre propre fonctionnement d’adulte.
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Voici ce que vous découvrirez dans ce podcast :
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❇️ Les idées reçues sur le cerveau des enfants
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❇️ Repenser l'éducation pour nourrir la curiosité, valoriser l'erreur comme une occasion d'apprendre
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❇️ Éduquer, c'est aussi former et outiller les parents comme les enseignants
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❇️ Repenser l'inclusion, le diagnostic précoce et la santé mentale grâce à la diffusion des connaissances, la validation scientifique des pratiques et l'implication des familles
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❇️ Redonner de la joie et de l'optimisme aux enfants
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Les super pouvoirs des bébés
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Nos collègues des babylabs de Paris Cité, de l’ENS et de Nanterre ont pu enregistrer différents épisodes du podcast « Les super pouvoirs des bébés ».
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Vous pourrez découvrir les fantastiques découvertes sur le développement du langage, de la marche, des mathématiques et même de l’humour chez les bébés !
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N’attendez pas et bonne écoute !!
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Consensus international sur la Dyslexie
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Un comité international de 58 experts de 16 pays s’est réuni avec de rédiger un consensus international sur la dyslexie avec 45 énoncés.
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Franck Ramus, spécialiste de la dyslexie, a présenté les énoncés de ce consensus lors du congrès scientifiques de la Fédération Française des DYS (FFFDS) en mars 2025.
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Ces énoncés permettent de mettre en exergue :
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´ Définition et principales difficultés
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o Marqueur (international) de la dyslexie : fluence de lecture car combine vitesse et précision
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´ Dyslexie et Niveau Intellectuel
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´ Evolution au cours de la vie
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´ Idées fausses et clarifications sur la dyslexie
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´ Pourquoi et Comment évaluer
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o Ne pas attendre de faire un diagnostic complet
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o Si difficultés --> réponse à l’intervention
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o Aide ciblée et de plus en plus importante si pas d’intervention de niveau 0
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o Tests standardisés et normés
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´ Critères d’identification
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´ ATCD : quelles difficultés sont présentes en amont de l’apprentissage de la lecture ?
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o Correspondances lettres/sons
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o Difficultés de conscience phonologique
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Un arbre décisionnel est mis à disposition afin d’accompagner les parents et les professionnels dans le processus de décision de prises en charges adaptées.
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Carroll, J. M., Holden, C., Kirby, P., Thompson, P. A., Snowling, M. J., Dyslexia Delphi Panel, ... & Rack, J. (2025). Toward a consensus on dyslexia: findings from a Delphi study. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 66(7), 1065-1076.
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Découvrez les dernières publications et conférences du CSEN
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Le Conseil Scientifique de l’Education Nationale (CSEN) publie très régulièrement des synthèses de la recherche ainsi que des notes à destination des enseignants au sujet des dernières découvertes scientifiques sur les apprentissages et leurs bases cognitives et/ou sur des compétences transversales ou des techniques novatrices et permettent de faire le point sur la littérature scientifique sur ces différents sujets ainsi que la lettre du Passeur rassemblant les informations sur les synthèses, les notes et les conférences scientifiques. Vous pouvez vous inscrire à la lettre du Passeur pour vous mettre au courant de toutes les dernières publications ou conférences organisées par le CSEN.
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Nous avons encore et toujours besoin de nos chers petits collaborateurs donc n’hésitez pas à venir participer à nos études
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et à parler de nos recherches autour de vous !
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