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Dyspraxie, adapter l’environnement, pas l’enfant !

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Une nouvelle approche de la prise en charge des élèves dyspraxiques

  • Lors d’une conférence en 2006, Cheryl Missiuna intitula son intervention sur la prise en charge du trouble de la coordination motrice : « New models for changing the environment, not the child » (*). Cette nouvelle approche est basée sur le constat qu’une fois l’enfant entré dans le système scolaire, le problème majeur n’est plus seulement le trouble de la coordination motrice en lui-même, mais surtout ses conséquences sur la performance scolaire, la participation sociale, la santé émotionnelle et l’estime de soi des enfants. Il ne s’agirait plus alors de rééduquer le déficit mais plutôt de le contourner et de le compenser pour en réduire les conséquences.
  • C’est particulièrement vrai dans le domaine scolaire. Il s’agit de donner la possibilité à l’enfant d’acquérir les mêmes compétences scolaires que ses pairs, à l’exception de celles qui sont directement touchées par son handicap, sans être gêné par ses troubles. Si les difficultés rencontrées par les enfants dyspraxiques à l’école sont réelles, il n’en reste pas moins que leurs capacités intellectuelles leur permettent de faire les mêmes acquisitions scolaires que les enfants de leur classe d’âge. Leur donner la possibilité d’atteindre le niveau scolaire qui correspond à ces capacités est essentiel. Tous les efforts doivent être déployés pour que les aménagements indispensables de la scolarité soient mis en place.

Rendre accessible l’école et les contenus scolaires

La première question à se poser est celle de l’accessibilité.

  • Dans le cas d’un enfant en fauteuil roulant, rendre accessible l’école signifie mettre en place des rampes et des ascenseurs pour que l’élève puisse rejoindre sa salle de classe. L’enfant dyspraxique qui se perd dans les couloirs du collège ou du lycée en raison de ses perturbations de repérage spatial doit aussi bénéficier de mesures spécifiques pour se rendre dans la salle de cours. On peut ainsi proposer que ce soient les enseignants qui changent de classe plutôt que les élèves ou mettre en place un système de signalisation lui permettant de repérer plus facilement les salles de cours dans lesquelles il doit aller et la direction de la sortie du collège (par exemple, autocollants sur les portes, et dans les couloirs).
  • Dans le cas d’un enfant aveugle, rendre accessible un contenu scolaire (fiche, manuel) implique de lui donner la possibilité de le lire en braille, par exemple. De la même façon, les enfants dyspraxiques qui ont des troubles d’organisation du regard doivent bénéficier de contenus scolaires accessibles qui leur permettent de faire le même travail que les autres élèves de façon autonome et dans le même temps. Pour cela, les supports proposés devront être adaptés en amont, par exemple, en évitant les présentations en colonnes, en limitant le nombre d’informations par page, en évitant les dessins sans rapport avec l’exercice demandé, en augmentant l’interligne, parfois en augmentant la taille des caractères etc….

Compenser les déficits

Une fois les contenus scolaires rendus accessibles, il faut se poser la question de la compensation du déficit du trouble du geste et en particulier de l’écriture manuscrite.

  • L’enfant dyspraxique apprendra donc l’orthographe en épelant les mots ou en utilisant des lettres magnétiques, donnera des réponses orales aux questions ouvertes, utilisera un traitement de texte ou des contenus numériques scolaires adaptés , dictera à un secrétaire.
  • Les tâches motrices non pertinentes telles que le découpage et le collage d’étiquettes qui épuisent inutilement l’enfant sont aussi à éviter.
  • Pour la géométrie, l’enfant bénéficiera de l’utilisation d’un logiciel spécifique pour tracer les figures.
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